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    En rentrant un jour chez lui, Goda, apprends le suicide de sa compagne par la police. Ils se connaissaient depuis 10 ans et pourtant il n'avait pas prévu qu'une telle chose arriverait. Elle s'est tuée avec une arme à feu et Goda pense savoir qui est le responsable, elle fréquentait un gang et d'après lui, c'est auprès d'eux qu'elle aurait eu cette arme.

    Au début, Goda est effondré, il tente de comprendre mais n'y parvient pas. Puis, à la suite d'une agression par ce même gang dont il est victime il commence à se révolter et trouve un but à sa vie pour se venger, se procurer une arme. Cette quête l'aveuglera totalement...
    Mais en parallèle, il se liera avec Chisato, la jeune femme faisant partie de ce gang....



     


     


     

    Fiche technique :

    - Titre original : Bullet Ballet
    - Réalisateur : Tsukamoto Shinya
    - Scénariste : Tsukamoto Shinya
    - Genre : Drame
    - Pays : Japon
    - Année : 1998 (dvd France : 2005)
    - Durée : 83 min
    - Musique : Ishikawa Chu


    Casting :

    - Tsukamoto Shinya : Goda
    - Mano Kirina : Chisato
    - Igawa Isashi : Le tueur à gages
    - Murase Takahiro : Goto
    - Nakamura Tatsuya : Idei
    - Suzuki Kyoka : Kiriko


    Mon avis :

    Il y quelques mois, j'avais commencé ma découverte de l'univers du réalisateur Tsukamoto Shinya par Tokyo Fist, dernier volet de la trilogie sur Tokyo (entamée par Tetsuo 1 et 2, films que je n'ai pas encore eu l'occasion de voir). Je continue donc cette découverte du cinéma de Tsukamoto par Bullet Ballet (film faisait partie du coffret avec Tokyo Fist, studio canal).

    J'ai trouvé beaucoup de ressemblances entre les deux films, au niveau de l'histoire, des thèmes, du déroulement de l'histoire, des personnages, du style de réalisation, de la bande-son et de l'image.
    Pour le déroulement de l'histoire : un homme (salaryman dans les deux cas) apprend une nouvelle qui va boulverser sa petit vie. Au début, il ne comprend pas, s'effondre, puis à la suite d'un second choc il se révolte et se fixe un but (extrème) pour se sortir de son état. Voilà à peu près comment fonctionnent les deux films.
    Tsukamoto nous expose une jeunesse vivant dans la violence qui refuse de prendre le même chemin que tous les adultes (les salarymen, une vie bien rangée ...). Un petit côté social en plus pour ce film?

    Je dirais que le film se décompose en deux parties. La 1ère c'est la quête de l'arme à feu puis une fois obtenue on passe dans la 2ème partie et Goda se rapproche du gang pour Chisato et n'a plus tout à fait le même objectif.  Ce retournement de situation peut paraître étrange et je me suis posée la question. Je pense que Chisato est en quelque sorte le seul lien qu'il avait avec sa compagne et c'est elle qui aussi le fait sortir de son état après cette terrible nouvelle. Il "revit" à ses côtés, non pas sans souffrance mais il se passe au moins quelque chose dans sa petite vie. Il ne veut pas voir une nouvelle fois une femme à laquelle il tient, mourir.
    Puis il y a cette arme qui représente le pouvoir, la force, la confiance en soi. Celui qui l'a entre ses mains acquiert tout ça et ne veux plus ou ne peux plus s'en séparer (un peu comme les chaussons rouges vous voyez?). Toutes ces interprétations sont subjectives bien sure, c'est comme ça que je l'ai ressentis.
    (Note : la course poursuite avec le policier à vélo m'a fait penser à Shuffle d'Ishii Sogo).

    Le film se termine sur une scène qui m'a semblée optimiste, une scène de renaissance en quelque sorte. J'ai beaucoup aimé cette image là.

    On retrouve donc plusieurs thèmes communs comme la violence, la souffrance physique, le lien très fort avec la mort (et puis un petit clin d'oeil à la boxe, un des thèmes principaux de Tokyo Fist). Il y a aussi le désir de se battre et de se venger, la renaissance et l'obessession.

    J'aime ce genre de film parce que je les trouve très "sensoriels", le son et l'image sont très travaillés de façon original. Bullet Ballet est tourné en noir&blanc, l'image n'est pas parfaite, belle et lisse car on a grain très visible. Ca donne d'avantage de noirceur à l'histoire. La caméra bouge beaucoup et renforce le côté réaliste (la jeunesse, la violence...).
    Au niveau du son, c'est également Ishikawa Chu qui signe cette bande-son de musique industrielle, rythme rapide et sons bruts. J'aime tout particulièrement ce style et ça colle parfaitement à l'histoire et aux personnages.
    Les bruits sont accentués par exemple lorsque Goda monte lui même son arme (le cliqueti du métal), les coups de feu aussi et les coups de poings.

    L'interprétation quant à elle est très bonne, en plus d'être un excellent réalisateur Tsukamoto est bon acteur (dans divers registre en plus, il a même joué un père de famille dans le drama Sexy Voice and Robo!).

    Bullet Ballet est confirme donc l'idée que je m'étais faire de Tsukamoto avec Tokyo Fist, un réalisateur talentueux (et acteur) qui se démarque par la réalisation originale de ses films et sa vision assez noire de la société actuelle (film tourné dans les 90's mais sujet toujours d'actualité).
    Un film puissant, peut-être un peu moins intense que Tokyo Fist, grâce à un traitement de l'image et du son original et très travaillé. Un film "sensoriel" qui se vit, se ressent.

    Ma note : 8/10


    Ageha.